C’est quand les équations ont commencé à remplir trois largeurs de tableau que j’ai vraiment commencé à flipper ! Les sciences j’adore ça, mais je préfère quand ce sont les autres qui les font avancer. Finalement les résultats me suffisent. Ayant découvert avec le dessin que travail et plaisir étaient finalement compatibles (combinaison rare, certes, mais néanmoins possible), la vie garda un certain intérêt et je remis ma pendaison à plus tard. J’étais sauvé !
J’ai quand même tout bien fini mes études et ingurgité jusqu’à la dernière les couleuvres qui couraient sur les tableaux noirs, on ne sait jamais.
C’est donc un peu tard que j’entame ma carrière de dessinateur de BD, vers 25 ans. Après il se passe tout un tas de trucs fascinants comme passer des heures devant une table à dessin en ne bougeant que la main, avoir un statut social plus que flou et voir la réprobation naître dans l’œil de ses interlocuteurs ou encore courir partout pour montrer ses dessins à n’importe qui et se faire jeter comme une merde. Moult aventures donc !
Ensuite, ça se passe très vite : signature de contrat, exécution du chef d’œuvre, publication, joie, euphorie et bonheur.
Résultat : deux tomes d’Alister Kayne (le 1 et le 2) chez Albin Michel et bientôt Carthago chez les Humanos.
Et maintenant la consécration : être admis au rang d’auteur du Zarma : Alléluia, quelle destinée !
Alors, ça valait pas le coup ?! !